Que ton visage est beau, Lorsque tu apparais en gloire, Lorsque tu es joyeuse, Hathor, vénérable Dame de Senmen.
Ton père Rê exulte quand tu te lèves.
Ton frère Shou rend hommage à ta face.
Thot, puissant en breuvage enivrant t’appelle, ô puissante.
La grande Ennéade est dans le plaisir et l’allégresse.
Les babouins sont devant ta face et dansent pour Ta Majesté.
Les hitys frappent le tambourin pour ton ka.
Les êtres chantent pour toi des hymnes et te font des adorations.
Les hommes et les femmes te prient de leur donner l’amour.
Les vierges pour toi ouvrent les festivités et te donnent leur esprit.
Tu es Dame de la louange, maîtresse de la danse, Grande d’Amour, Maîtresse des femmes et des filles nubiles.
Tu es Dame de l’ivresse, aux fêtes nombreuses, Maîtresse de tresser la couronne, Dame de la gaieté, Dame de l’exultation, A la Majesté de laquelle on fait de la musique.
Pilier djed féminin vénérable, Dame de Bougen, Tu es la Dame du Sistre-Sekhem, maîtresse de la Ménat et du Sistre-sechecht, Vers le ka de laquelle on élève l’ouncheb.
Tu es Dame de la danse, maîtresse des chants et de la danse au luth, Dont la face brille, chaque jour, qui ignore le chagrin.
Puisses-tu présenter ton beau visage Au roi de Haute et Basse-Egypte, Seigneur du Double Pays.
Texte traduit par Christiane Desroches Noblecourt, "La femme au temps des pharaons"

Belle femme, fille de la grâce et de la joie, d’où vient ton art ?
Comment peux-tu maîtriser la terre et l’air dans tes pas
Et l’eau et le feu dans ta cadence ?
La danseuse s’inclina devant le Prince et dit :
Votre Altesse, je ne saurais vous répondre, mais je sais que
L'âme du philosophe veille dans sa tête,
L'âme du poète vole dans son coeur,
L'âme du chanteur vibre dans sa gorge,
Mais l'âme de la danseuse vit dans son corps tout entier.
"Gibran Khalil Gibran"